l’argent, un bien commun ou outil de destruction

Cahier de l’entrée Financer / épargner 

Argumentaire

Faire de l’argent avec l’argent est devenu l’objectif premier de l’économie au risque de faire perdre tout sens aux activités économiques. Ainsi l’économie n’est pas au service de l’être humain, mais au service de la finance libéralisée et globalisée depuis la fin des années 80 et au profit des acteurs des marchés monétaires et financiers.

En outre, l’économie ayant pris le devant sur les autres sphères d’activité, l’homme est devenu trop souvent un instrument au service des lois du marché.

Si dans les pays riches comme dans les pays émergeants, le développement économique a certes permis une augmentation du niveau de vie, cela a été au détriment de la qualité des relations humaines et, paradoxalement, de la satisfaction des individus. Le chômage, la précarité et les inégalités se sont multipliés. La pollution de notre environnement et l’épuisement des réserves de ressources naturelles (notamment les énergies), avant même que l’ensemble des populations de la Terre aient pu y avoir accès, témoignent de la dégradation dû à cette logique.

En 2005, François Morin, publie dans son livre « Le nouveau mur de l’argent » une étude réalisée sur les chiffres de l’année 2002 de l’économie mondiale en conclusion de laquelle il écrit :

« Nous sommes sur la voie d’une financiarisation accélérée et totalisante de l’économie mondiale, et que cette financiarisation, avec les valeurs qu’elle véhicule, est porteuse de très grands risques pour notre planète et pour notre humanité (pages 60 et suivantes)». Son étude montre que moins 3% des transactions réalisées dans le monde concernent l’économie réelle. Les 97% autres servent à faire de l’argent avec l’argent.

Cela a été possible, parce qu’en tant qu’individu, premièrement nous confions notre argent aux établissements financiers sans leur demander ce qu’ils en font et en second, que nous recherchons souvent le placement le plus rémunérateur, tout en possédant le moins de risque. Aussi, les financiers ont fabriqué des produits de plus en plus complexes (en arrière-boutique) et qui deviennent incontrôlables.

Nos responsabilités individuelle et collective sont ainsi engagées. Pour faire changer ce monde de l’argent dominateur, nous devons changer de comportement. Notre argent doit être mis au service d’une économie respectueuse de l’être humain et de l’environnement. En effet, la société civile, s’inspirant des principes de coopération, de fraternité et de durabilité (solidarité entre générations), est devenue la source d’une multitude d’initiatives à fort impact social et environnemental.

Pour cela, nous devons favoriser le développement d’une finance éthique et priver les acteurs financiers qui n’iraient pas dans ce sens de ressources financières.

Comment sensibiliser d’autres acteurs

Au sein des structures de l’économie sociale et solidaire, les membres de la finance solidaire témoignent du projet qui doit devenir un des outils pour développer une autre économie.

Conditions du développement

Passer de quelques dizaines de milliers de membres à plusieurs centaines demande de modifier l’engagement des membres. Ces derniers doivent devenir de plus en plus acteurs au sein de la structure et des structures partenaires de l’économie solidaire. C’est en développant un réseau social fort et engagé que le passage au statut de banque est possible.

Données chiffrées

En France, la société financière de la Nef compte près de 30 000 membres et produit plus de 20 millions d’euros de crédits chaque année.

Changement d’échelle possible

Faire connaître le projet et l’expliquer permettra à des centaines de milliers de personnes de trouver une solution pour exercer leur responsabilité envers leur propre argent.

La création d’une banque éthique permettra de gérer les comptes bancaires en direct, et facilitera le financement court et moyen terme des entrepreneurs (au sens large). Ainsi l’épargne collectée sera encore plus au service du développement d’une autre économie.

Facteurs de succès

Considérer l’argent comme un bien commun, auquel doit s’appliquer une totale transparence.

Créer du lien social en plus du lien financier entre les épargnants et les emprunteurs.

Les acteurs (Qui ?)

Ces établissements sont membres de la Fédération Européenne de Finances et Banques Ethiques et Alternatives (FEBEA). Les institutions de FEBEA représentent 528 000 clients et sociétaires. Il s’agit notamment de Banca Etica (Italie), Credal et Hefboom (Belgique), La Nef (France)…

Message à ceux qui font l’ESS

Soyez acteurs de ce projet, car la banque éthique doit devenir un outil financier dans lequel vous participez à la gouvernance

Présentation de l’initiative (Quoi ?)

Quelques structures de finances alternatives ont vu le jour en Europe dans les années 80 et ont fait leur preuve. Les filières biologiques, du commerce équitable, l’entrepreneuriat social… ont pu voir le jour et se développer grâce à ces outils qui ont pu mobiliser l’argent au service d’hommes et de femmes engagés dans une autre économie.

Aujourd’hui, certaines structures veulent constituer une banque éthique européenne. Cette initiative rencontre des obstacles, notamment auprès des autorités de tutelles monétaires.

Il est nécessaire de réaliser une réelle mobilisation pour soutenir ce projet.

Synthèse de mon indignation en une seule phrase

Faire de l’argent avec l’argent conduit le monde à la destruction