-groupe de dialogue entre chercheurs d’emploi et partenaires

Cahier de l’entrée Participer / Démocratiser    

Argumentaire

Les personnes en recherche d’emploi dépendent de nombreuses politiques, dispositifs, actions sur lesquels elles n’ont aucune prise alors que ce sont elles qui les expérimentent et qui peuvent donc pointer les manques, les dysfonctionnements, les améliorations à apporter. Elles subissent parfois des politiques, des fonctionnements qui leur sont imposés alors qu’ils sont complètement inadaptés à leur situation.

Comment sensibiliser d’autres acteurs

Diffuser les expériences réussies dans le domaine mettant en évidence la plus value apportée par les chercheurs d’emploi.

Conditions du développement

  • que les acteur de l’insertion et de l’emploi prennent conscience que la vision qu’ils ont des dispositifs qu’ils mettent en œuvre n’est que partielle. S’ils veulent les améliorer, ils ont besoin du regard croisé de ceux qui les utilisent.

  • que des lignes budgétaires soient ouvertes pour financer le travail d’animation indispensable pour que ce type d’action puisse être mise en œuvre.

Changement d’échelle possible

Il n’y a aucune difficulté à ce que ce type d’action se mette en place sur d’autres territoires, dès l’instant où les facteurs de succès cités plus haut sont réunis.

Facteurs de succès

  • la capacité des chercheurs d’emploi à se mobiliser sur ce type d’action, très liée à leur désir d’être utiles et de voir s’améliorer – au bénéfice de tous - les dispositifs auxquels ils sont confrontés.

  • L’ouverture des partenaires locaux au dialogue avec les chercheurs d’emploi (qui a priori n’était pas acquise)

  • La présence d’un animateur formé à ce type de démarche

  • La volonté politique des dirigeants de la structure et leur ouverture à la mise en place d’actions par les chercheurs d’emploi eux-mêmes

Impacts de l’initiative

1) Des réalisations concrètes :

  • création d’un guide du chercheur d’emploi rassemblant l’essentiel des informations nécessaires à la recherche d’emploi et écrit dans un langage accessible.

  • contribution au cahier des charges d’un bâtiment devant regrouper prochainement tous les services liés à la recherche d’emploi

  • production de 5 fiches présentant les services de proximité que les communes pourraient mettre en place pour les chercheurs d’emploi

  • réalisation (en cours) d’un guide sur la formation tout au long de la vie sur le même principe que le guide du chercheur d’emploi : ce sont les chercheurs d’emploi qui définissent précisément ce qu’ils veulent trouver dans ce guide et ils apportent leurs critiques et propositions tout au long de sa réalisation, au même titre que les partenaires participant au travail.

2) Un changement progressif du regard porté sur les chercheurs d’emploi par les partenaires du territoire : ces derniers découvrent leurs ressources, la pertinence de leurs remarques et propositions. Ils ne sont plus les « objets » de leurs actions d’insertion mais des sujets pensants et agissants.

3) Des initiatives prises par les chercheurs d’emploi : constatant que le moral est la première condition pour retrouver un travail, les chercheurs d’emploi du groupe ont pris l’initiative de mettre en place eux-mêmes des actions pour rompre l’isolement et reprendre confiance en soi. Ces actions qui s’adressent à l’ensemble des chercheurs d’emploi sont principalement :

  • la « pause café », moment convivial autour de gâteaux et boissons ouvert à tous une demi-journée par semaine. Elle permet la création de liens, l’échange d’informations, l’entraide…

  • le projet « pousse-pouce café », consistant en différents ateliers animés par des chercheurs d’emploi : informatique, cuisine économique, travail sur les compétences pour retrouver l’estime de soi et la confiance, travail sur l’image que l’on donne de soi aux autres. Ces ateliers fonctionnent sur le principe d’échange de savoirs : chacun a quelque chose à apporter aux autres.

L’organisation

Sept à 8 fois par an, un groupe composé des acteurs ci-dessus se réunit pour travailler sur des chantiers précis identifiés par les chercheurs d’emploi comme prioritaires.

La structure, porteuse de l’initiative

Aide Emploi Services (association intermédiaire)

Le modèle financier

Pour entretenir une dynamique suffisante, il paraît indispensable de financer au minimum un poste d’animation sociale à mi-temps. Aujourd’hui, il n’existe pas au niveau des pouvoirs publics de ligne budgétaire pour de telles actions de démocratie participative et leur financement est très aléatoire. Le modèle financier reste donc à construire.

Les acteurs (Qui ?)

  • entre 5 et 10 chercheurs d’emploi à chaque réunion

  • des partenaires divers : Maison de l’emploi, Pôle emploi, Mission locale, CIO, Centres de formation, SIAE, élus locaux, entreprises, , Conseil de développement…

  • un animateur formé à ce type de démarche de dialogue entre participants très divers.

Les partenaires

tous ceux qui participent au dialogue : Maison de l’emploi, Pôle emploi, Mission locale, CIO, Centres de formation, SIAE, élus locaux, entreprises, Conseil de développement

Message à l’opinion

les chercheurs d’emploi et tous ceux qui sont privés de leurs droits fondamentaux doivent être entendus par la société et participer à l’élaboration de ses politiques : c’est la meilleure chance pour construire – enfin ! - une société sans exclusion.

Message aux décideurs

soutenez toutes les initiatives qui permettent de faire entendre la voix de ceux qui sont privés de leurs droits fondamentaux et tenez compte de leurs réflexions et propositions dans vos décisions politiques : c’est une exigence démocratique et un gage de progrès social pour tous.

Message à ceux qui font l’ESS

cette action est fidèle aux valeurs démocratiques de l’ESS : tout être humain à le droit de participer aux décisions qui le concerne.

Propositions pour convaincre l’opinion

la démocratie ne se limite pas au vote qui est une forme d’expression extrêmement limitée. Elle ne vit vraiment que lorsque l’ensemble des catégories de citoyens peuvent apporter leurs idées, leurs réflexions aux politiques mises en œuvre dans le pays à tous les échelons, et en particulier au plan local. Or, l’expérience montre que les personnes en situation de pauvreté et de précarité sont pratiquement absentes des lieux de réflexion et de débats où se construisent ces politiques. Ce sont pourtant elles qui, en les vivant au quotidien, sont les mieux placées pour proposer des solutions à la pauvreté et à l’exclusion sociale.

Présentation de l’initiative (Quoi ?)

Groupe de travail réunissant régulièrement des chercheurs d’emploi et des partenaires du domaine de l’emploi et de la formation, pour réfléchir aux améliorations à apporter aux politiques d’accès à la formation et à l’emploi du territoire.

Quelles alliances positives ?

Des alliances devraient être possibles avec les pouvoirs publics qui cherchent à combattre le chômage, puisque ce dialogue entre chercheurs d’emploi et partenaires permet d’améliorer l’efficacité des politiques.

Ressources, financements et moyens utilisés

Financements successifs (FSE, Fondation de France, Conseil régional, Conseil général…), mais pas de financement pérenne

Synthèse de mon indignation en une seule phrase

Ce n’est pas parce qu’on a perdu son emploi qu’on a perdu son intelligence, arrêtons de penser pour les chercheurs d’emploi, pensons avec eux !