La déstructuration de la protection sociale

Cahier de l’entrée Soigner /Prévenir 

Argumentaire

La protection sociale, notamment dans le domaine de la santé, devrait être un modèle d’économie solidaire, tel que l’avaient conçue le Conseil National de la Résistance, et traduit dans l’exposé des motifs de l’ordonnance du 4 octobre 1945 :

« Une redistribution du revenu national destinée à prélever sur le revenu des individus favorisés les sommes nécessaires pour compléter les ressources des travailleurs ou familles défavorisés »

Dès le départ, et pour des raisons historiques, l’objectif de redistribution n’était que partiel, puisque les prélèvements étaient proportionnels aux revenus (et seulement du travail), sans plancher mais avec un plafond, alors qu’une vraie redistribution aurait demandé des prélèvements progressifs sur la totalité des ressources, et sans plafond.

Mais le modèle assurantiel gagne du terrain, y compris dans la Mutualité, l’objectif de redistribution est depuis longtemps oublié et nous sommes dans un contexte de destruction systématique de la protection sociale (cf. le texte joint de Denis Kessler).

On assiste par ailleurs à une entreprise systématique de culpabilisation des malades assurés sociaux qui « consomment trop »  : les malades ne sont pas les responsables du déficit de la branche maladie de la Sécurité sociale. Leur part de responsabilité dans les dépenses du système de soins se résume à leur décision de consulter ou non. Ensuite, c’est le système de soins qui décide des hospitalisations, des traitements, bref de la quasi totalité des dépenses de soins. Ils ne sont bien évidemment pas responsables non plus du démantèlement de la protection sociale.

Synthèse de mon indignation en une seule phrase

La protection sociale n’est plus axée sur une redistribution du revenu national, mais est progressivement déstructurée au détriment de la solidarité nationale.